Pensée

La mémoire de tout voyageur est plus que tout marquée par les odeurs. Parfois nauséabondes, souvent parfumées, elles rejailliront  naturellement à chaque visite dans un pays. Les parfums rappelleront telle journée vécue il y a parfois plusieurs années, tel chemin emprunté qu'on pensait oublié, telle rencontre jusqu'alors enfouie dans le passé.

Mes coups de gueule

Lundi 18 avril 2005 1 18 /04 /2005 00:00

Voici mon plus gros coup de gueule......ou disons, celui qui a été le plus répandu!!!!

http://www.elksiba.net/modules.php?name=News&file=print&sid=970

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Mardi 19 avril 2005 2 19 /04 /2005 00:00

Se balader avec un "sans papiers", à savoir un clandestin, un immigré en situation illégale, comme vous voudrez, amène à des situations assez cocasses, embarrassantes, mais toutes fois rageantes. Je m'explique:

Cela fait deux semaines, je rentrais vers 22h00 de l'association pour aller prendre le métro à Barbès, dans le quartier de la goutte d'or, Paris 18ième. J'étais accompagnée d'un grand et fort Gambien, malheureusement en situation irrégulière en France depuis un an, et membre passif de notre association en tant qu’élève en alphabétisation. Accompagnée de ce jeune homme, je n’avais aucune crainte à traverser le parc qui mène au métro, et où zonait toute une bande de blacks (je n’ai pas peur des blacks, mais des hommes qui zonent, et là il se trouvait qu’ils étaient tous noirs)….

 Mais presque en sortant du parc, j’entends des bruits signifiant une course poursuite, puis quelques cris de fille, et des cris qui s’intensifient. Je m’arrête, tout le monde se regarde, mais personne ne bouge. Que faire ? Que se passe t’il ? Pourquoi personnes ne bouge, et surtout pas les molosses qui pourraient faire peur à n’importe qui ? Je voyais déjà la fille se faire violer, sans que personne ne lui vienne en aide !!! Personnellement, je ne pouvais pas rester sans rien faire….solidarité féminine sûrement.

J’écoutais en ne sachant pas où les choses se passaient, et là, une vieille que j’aperçois près de l’aire de jeu crie « au secours et à l’aide ». Et toujours personne qui bouge. Je regarde Habibou qui ne semblait pas prêt à bouger non plus, et sans trop penser, je cours vers l’aire de jeu, chope un grand black au passage en lui disant de se bouger le cul et de venir avec moi (je peux vous garantir que j’ai eu une bonne montée d’adrénaline à ce moment là).

Bref, à peine j’arrive devant l’aire de jeu (avec le grand black qui se traînait derrière), et un chien me passe entre les jambes comme une furie. Je regarde dans le parc et voit une fille entrain de cajoler son chien (qui donc apparemment c’était fait attaquer par la boule qui m’était passée entre les jambes),  et la vieille d’hurler « mais il est fou ce chien, il faut le tuer » !!!!!

Bon, d’un coté, j’étais soulagée de ne pas avoir eu à sortir mon bazooka, mon arc et mes flèches. Mais j’étais quand même un peu énervée contre la fille et son putain de klebs. Le grand black est reparti rejoindre ses potes, et moi, je suis retournée vers Habibou, qui était pété de rire, et qui me dit « eheh, c’est vwaiment wigolo ».

Bon, moi je trouvais la situation plutôt ridicule, mais surtout rageante car personne n’avait osé bouger (et je vous assure qu’on n’entendait pas les chiens gueuler). Alors je me suis énervée (conséquence du stress suivi du sentiment d’être ridicule), et ai demandé à Habibou pourquoi il n’avait pas réagie ainsi que les autres. La réponse fût logique; en tant que « sans papiers », on ne peut se permettre d’agir en héros…..et oui, imaginez, la fille se fait réellement violer, ou il y a une bagarre, et la police intervient (la police, aïe, la police). Enfin, dans une telle situation, le héros noir finira forcément au poste, sera découvert comme étant illégal. Et alors, c’est retour au pays, tout un rêve qui s’écroule. Et sûrement toute la même logique dans la tête de tous ceux qui se trouvaient dans le parc.

Finalement, nous sommes descendus au métro, après avoir serré les fesses en croisant la police qui faisait une descente un peu plus bas dans le quartier et qui embarquait quelques papillons de nuits. Dans le métro, je continuais à réfléchir sur la situation passée, et comment un tel problème de société, à savoir la régularisation/non régularisation des sans papiers entraîne des situations complètement ahurissantes telle celle que je vous ai racontée. Imaginez que la fille se fasse réellement violer !!!!! Je ne pense pas que ce soit dans la culture de quiconque de ne pas intervenir….mais cette épée de Damoclès qui pend au dessus de leur tête.

 

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Jeudi 11 août 2005 4 11 /08 /2005 00:00


Campement le mardi matin


J’hallucine….oui, j’hallucine grave comme ils disent les jeunes maintenant…..sauf que moi j’ai
 honte aussi.

 

Peut être suis-je énervée parce que cette année je n’ai pas pu ou voulu me rendre aux fêtes de Bayonne, et que pendant que je pogotais au Divan du monde, tous mes potes, anciens, nouveaux, se retrouvaient aux fêtes. Moi j’aime bien les fêtes parce que c’est toujours là que je retrouve les potes du collège, du lycée, de la fac qu’on a pas vu pendant un an, et que l’on croise juste au moment des fêtes. Je devrais alors attendre l’année prochaine. Mais les pogos au divan, c’est pas mal aussi.

 

Cela pour pousser mon premier coup de gueule sur la réputation des fêtes de Bayonne. Non, nous ne nous languissons pas de ces fêtes seulement pour leur aspect alcoolisé, et nous ne passons pas tous notre journée à nous soûler. On se retrouve entre potes, on s’organise des repas entre potes ou en famille, on sort les plus petits aux animations de rue, on va au dantzaspi  (danses Basques) les après midi sur la place Monteau. Voilà, les fêtes, c’est aussi des divertissements traditionnels. Malheureusement, beaucoup arrivent pour découvrir les fêtes, avec l’idée de se « mettre la tête ». Du coup, ça dégénère. Je ne balance pas que sur « les touristes » des fêtes, car des locaux se mettent aussi la tête. Mais c’est dommage que certains n’aient pas forcément la chance de se trouver avec un groupe de « locaux » qui leur fasse découvrir ce que sont vraiment les fêtes de Bayonne. Mes potes « étrangers » en sont toujours sorties ravies. Forcément, on a zappé la zone «  bipède, toutou, para, pochtron, woodstock ». Bon enfin voilà, certains parlent de faire un mode d’emploi des fêtes pour palier à tous les problèmes….pourquoi pas….


 Le Dantzazpi

Mon deuxième coup de gueule, je l’ai poussé sur un forum hier. Wouahhhh, je me suis lachée, lisez plutôt.

 

« Bon bon, moi cette année, je n'ai pas pu aller aux fêtes. Finalement, après ce que je lis, je ne regrette pas trop, préfère me cantonner aux petites fêtes de village.

 

Alors bon, je ne reviens pas sur les petits chéris à maman (des plus jeunes aux moins jeunes) lâchés dans la foule des fêtes et qui se bourrent la gueule. Personnellement, je me dis que c'est leur problème....mais qu'ils foutent et laissent leur merde de cette manière me hérisse le poil.

 

Photo à l'appui, au lendemain des fêtes, Bayonne, ma ville natale est une vraie poubelle.


Campement


Bouteilles et toiles de tentes alors que tout le monde a déserté, la fête est finie





Ben alors les p'tits chéris, maman vous a pas dit de ramasser vos poubelles en partant? Cette même maman, et ces mêmes petits chéris qui iront à l'étranger (dans les pays sous développés, c'est bien comme ça qu'on dit?) et ne se lasseront pas de dire que les rues sont sales, que ça pue l'huile d'olive, que les gens balancent leurs ordures n'importe où!!! Bayonne serait elle une ville du tiers monde? Non, elle subit juste les conséquences d'une société matérialiste gâtée pourrie. Et ouais les p'tits chéris, vous avez beau être méga super cool roots woodstock, vous n'êtes en fait que des petits blaireaux gâtés pourris qui n'ont de respect pour rien. Le lieu de campement après les fêtes à des airs de décharge publique. Sans compter que certains n'ont même pas daigner récupérer leur toile de tente sûrement écoeurés de l'odeur nauséabonde qu'ils y ont généré pendant ces 5 jours. Et puis c'est vrai, maman filera des ronds pour en racheter une pour l'année prochaine. Et puis y'a des mecs qui sont payer pour les ramasser, mettre les mains dans votre merde.

 

Enfin bon moi qui travaille contre la pollution de l'environnement, et qui avait des idées de projet "éducation environnement" dans les paus sous dévelopés, je crois que je vais changer ma destination, et tout bonnement proposer le projet à une ONG en collaboration avec la mairie de Bayonne, histoire de vous apprendre à mettre un papier dans une poubelle, ramasser la poubelle, trier le papier du verre etc. On fera des travaux manuels, vous verrez ce sera bien.

 

Enfin, certains "les touristes" (de ce forum) qui nous donnent l'aumône pendant les fêtes, à nous, pauvre peuple en disette, pensent peut être qu'on leur doit bien de nettoyer leur merde par la suite. Vous qui avez le coeur sur la main, pourriez aussi m'envoyer de l'argent pour cofinancer l'ONG, et permettre l'achat d'un système de recyclage de tous ces papiers, sacs plastiques, matelas en mousse, tentes que vous et autres avez gentiment laisser en remerciement de notre accueil ;)

 

PS: oui, je suis énervée.... »

 

Bon, on m’a attaqué suite à mon attaque sur les touristes. Mais je tiens à rectifier le tir. Je répondais à un Bordelais qui disait (j’ai laissé les fotes) « ARRETEZ de prendre les tourriste pour des cons faut arréter de déconner si vous êtes pas content des tourriste je vous rappel que c'est les tourristes qui font vivre votre région et que si vos tradition sont encore la c'est parce que chaque année y a plus d'un million de " cons " ( comme vous les appelez ) qui viennent faire la fêtes chez vous et rapporter a VOTRE région un maximum de TUNES.Et aujourd'hui ont vis pas avec des cacahuettes non ? Voir un tel méppris des gens et un tel reppli a leurs niveau me fait pensser a du racisme sans déconner faite vous pousser la moustache mettez vous un brassard nazi ca irra plus vite. »

Enfin, je sais pas si c'était un toutou ou un local qui a démonté cette belle porte aussi.....avaient ils oublié leur clef? Ont ils cherché à squatter pour fuir le guetto du campement? Allez savoir.........


 
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Mardi 22 novembre 2005 2 22 /11 /2005 11:28




A Paris, on en profite pour se rendre à des congrès, surtout quand ils sont gratuits, et en plus à l’Unesco ! Donc me voilà embarquée pour un congrès d’une journée sur « Nourrir les Hommes, Nourrir le Monde ».

Déjà, ben comme partout à Paris, on s’adonne à la sympathique file d’attente de demi heure, dans une atmosphère digne d’un congélateur. Et moi qui faisais ma belle, en me prenant pour une VIP avec mon « Laissez-passer » de l’Unesco. On était bien 3000 VIPs avec le même « Laissez-passer ».

Bref, forcément, la conf a déjà commencé quand je rentre à 11h30. Débat entre Franck Riboud (F.R) Président Directeur de chez Balone (vous m’avez très bien compris) et Philippe Desbrosses (P.D) Docteur en sciences de l'environnement, Expert auprès de l'Union Européenne, défenseur de l’agriculture Bio.




F.R est stressé, P.D (j’suis pas sûre qu’il le soit), confiant.
Les attaques commencent blablabla, sauver la planète, mangez bio. Mais Balone fait des produits compétitifs et tout aussi nutritifs (sans pour autant vous balloner).
Le bio c’est cher car pas suffisamment subventionné.
Balone a fait les bouteilles d’Evian en plastique car plus faciles à transporter dans/des pays exportateurs comme la Chine, et donc le recyclage est plus évident….blablabla.

Bref en gros, Balone veut bien sauver la planète à partir du moment ou ça lui ramène de la tune. Et Mr P.D demande des subventions pour l’agriculture biologique, et qu’on arrête les produits chimiques (là, j’suis pas forcément contre). Mais le débat est à la fois virulent, avec des attaques du public envers Balone. Mais heureusement, l’animateur du débat Erik Izraelewicz (à vos souhaits), Directeur adjoint de la rédaction des Echos, fait de bonnes blagues « y’a Label et la Bête ouarf ouarf).

Ensuite, débat sur « de l’Homme préhistorique à l’Homme Symbiotique » avec un biochimiste, un anthropologue, et un philosophe…Au fait, c’est quoi un homme symbiotique ? C’est un Homme qui vit en symbiose avec son environnement écologique. Alors là, on nous dit : « mangez du riz et des lentilles, et vous aurez l’apport suffisant en acides aminés essentiels pour le corps, et non produits par le corps »….et « n’oubliez pas le vin qui est bon pour la santé »…wow, je l’aime lui !
On nous dit aussi « La science aurait les moyens de nourrir le monde, le problème est géopolitique ». Oui alors là, ça veut dire que technologiquement, on peut produire des denrées nutritives à faible coût, mais on est bloqué par des problèmes géo politiques….moi pas comprendre !

 


Bon ceci étant, ils ont dit des choses très intéressantes et très censées. Enfin, surtout l’anthropologue et le Biochimiste, car le philosophe faisait des gros bides à chaque fois qu’il prenait la parole, et les deux autres se pouffaient de rire.
 

Le Biochimiste nous dit « Nous perdons l’aspect social de l’alimentation. Il n’est pas pareil de manger ensemble et manger dans son coin »….je suis bien d’accord, et je suis ouverte à toutes les invitations à une bonne bouffe entre amis.
Et puis « Essayez de construire le futur plutôt que d’attendre qu’il vous tombe dessus »….certes.
« Nous sommes dans une société de l’horreur ou on ne nous médiatise que de l’horreur »….certes, mais si on nous faisait pas peur, les gouvernements ne débloqueraient pas de budgets pour faire avancer la recherche ex :la grippe aviaire, la vache folle, la tremblante du mouton, les cancers, et j’en passe…..
« Il faut avoir un regard plus optimiste »….ben quand on voit tous ces gens qui meurent de plus en plus tôt du Cancer, ça fait un peu peur, et y’a pas besoin de regarder la télé pour se rendre compte de ça !!!
Enfin, essayons de rentrer dans la bionomie, c'est-à-dire gérer sa vie pour vivre plus longtemps. Gérer son temps, son stress, sa fatigue, sa santé, pour pouvoir donner plus à la société, car dit il, « Plus tu donnes, plus tu restes »….à méditer !
 

Une dernière intervention du public. La cuisine au micro onde est elle dangereuse ? Les micro ondes sont aussi nocives que les ondes des portables, et quand vous ouvrez la porte du micro onde, la WiFi s’arrête…donc, les micros ondes, c’est pas rien, et donc « ne téléphonez pas avec votre micro onde » !

Entre temps, le philosophe prend la parole pendant demi heure, et nous fait une sorte de messe du dimanche, en comparant le mouvement écologique à une religion…..Je cite « l’écologie à pris la forme d’une religion universelle »…..bof, moi, dès qu’on parle de religion, ça me hérisse le poil…comme si on était là pour philosopher.

Mais bon, être écolo, c’est quand même un truc très tendance, ça fait bien, on a de beaux discours (je savais déjà pas mal de ce qui a été dit), mais en fait on continue à polluer. Et puis ça plait bien aux 68 tards (aîe, je sens que certains commencent à perdre patience). Je m’explique.

 Je sors de la première conf, à 13h15, avec une faim pas possible….Forcément, j’avais rien prévu pour manger, et à l’Unesco, il n’y avait qu’un distributeur de barres chocolatées. Si on sortait de L’Unesco se chercher un truc décent à manger,, on devait repartir dans le congélo pour demi heure de file ! Alors comme tout le monde, je fais la queue au distributeur pendant 10 minutes pour me choper un Twix.

Et tranquillou, je savoure ce merveilleux repas, pendant que mon ventre en chante la Marseillaise tellement il est content. Mais une 68tarde, cheveux longs grisonnants, un peu baba cool m’interpelle. « Mademoiselle, vous savez que c’est très mauvais ce que vous faites »…..pour une fois que je faisais rien de mal, mince alors… « C’est plein de sucres, machin bidule, et en plus, faut pas manger ces marques, je vous le dis MOI qui ai travaillé 5 ans dans la pub. Si vous aviez travaillé dans la pub comme MOI, vous ne mangeriez pas ces marques là ». Bon oui, ok, mais, lui dis je, vous voyez Madame Bioman, moi je n’ai pas eu le temps de prévoir la soupe aux lentilles et pois chiches. J’suis pas très forte en bionomie ! Alors bon, comme j’ai faim, j’ai le droit de manger un twix non ? ». Elle me répond « ah mais non, c’est pas bon blablabla ». Bref, elle commence à me taper sur le système. Et voilà ty pas qu’elle me sort une poche de sa sacoche de 68tard avec 3 pousses de soja.

« Voilà, regardez, ça c’est naturel, c’est bon blablabla, nutritif »….Je me retiens pour pas rire et lui dit « oui, mais un ventre comme le mien (qui avait arrêtait sa Marseillaise, contrarié) ne se suffit pas de trois pousses de soja. Et vous, vous avez prévu et c’est très bien »……elle insiste « mais non blabla, c’est pas bon les twix »….elle m’énerve, je n’en peux plus. Alors, pour dégoutter Madame, sapée avec des marques que je ne citerais pas, je lui dis « Ma bonne dame, je fume et je bois, alors c’est pas un twix qui va me tuer, et laisser moi manger tranquille, et mangez vos pousses de soja ». Ouf, elle m’a foutu la paix, est partie l’air dégouttée en me disant que je faisais n’importe quoi….Moi ça me fait rire, elle sait quoi de moi cette dame ? Alors, une tendance ? Une croyance ? Un cliché ? Mais bon, une bonne rigolade, et de bonnes interventions.

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Jeudi 11 mai 2006 4 11 /05 /2006 12:38

Prenez le temps de lire, même si c'est un peu long!!


Dans ce village Yao, en Thaïlande, l'école est déserte. Pourtant, tout est en place afin d'assurer l'éducation des enfants.



Enfin, il manque quand même l'essentiel, le maître d'école.

 

Les Yaos, minorité ethnique originaire de Mongolie, puis installés en Birmanie, fuient le régime dictatorial Birman sous lequel, hommes, femmes, enfants, sont tués et/ou violés par certains soldats de l'armée Birmane (encore maintenant). Ils ont trouvé terre d'accueil en Thaïlande, pays très ouvert à de nombreux peuples en exil : Khmers, Yao, Karen, Laosiens, Birmans.

 

Installés dans des villages reculés, quand même dotés de panneaux solaires, ces gens ne peuvent que s'adonner à la culture de la terre. Faute de papiers du genre permis de séjour, ou de nationalité Thaïlandaise, ils ne peuvent pas travailler. Ils doivent alors justifier d?un certain nombre d'années comme résidents en Thaïlande, ou alors d'un mariage avec une personne de nationalité Thaïlandaise pour pouvoir prétendre à des papiers, et avoir alors le droit de travailler.

 

La Thaïlande, offrant terre d'accueil et espoir de régularisation ne peut pas non plus tout offrir. De fait, le gouvernement ne finance pas forcément l'accès à l'éducation aux enfants de ces peuples exilés.

 

Dans ce village, ce sont des particuliers, également réfugiés de Birmanie, qui ont financé pendant un certains temps l'éducation des enfants du village. C'est-à-dire, qui ont financé un instituteur à qui ils devaient payer salaire mais aussi logement dans ce village reculé. Bien sûr, les conditions de vie et de travail dans ce village étant assez particulières, les instituteurs ont demandé à être augmentés au bout d'un an de travail. Les financeurs particuliers ne pouvant pas répondre à cette demande, l'école est maintenant déserte, les enfants n'ont plus accès à l'éducation, sinon celle de la rue ou des champs.

 

 


Quand on voyage, on est assez sensible à ce genre d'histoire qu'on nous raconte, surtout lorsque la pauvreté saute aux yeux. Mais quand on est chez nous, absorbés par travail, vie privée, la routine, on ne se rend pas tous les jours compte de ce qui se passe près de chez nous, à la mesure de ce qui se passe loin de chez nous.

 

Certains réfugiés, que l'on appelle le plus souvent immigrés clandestins et considérés en ce moment, sans véritables fondements, comme de vrais criminels, pensaient trouver en la France une terre d'accueil. Certains survivent à leurs difficiles conditions de travail grâce à cet espoir de se faire régulariser après 10 ans de dur labeur au service de l?économie de la France et des patrons qui s'en foutent plein les poches en les embauchant au « noir ». Mais aussi l'espoir de pouvoir faire venir leurs familles (femmes, enfants) près d'eux, et leur assurer un avenir plus réjouissant que celui de leur pays. D'autres, qui sont arrivés en France avec leur famille, ont profité du bon système éducatif Français pour faire instruire leurs enfants.

 

Mais sans papiers, ils risquent l'expulsion, enfants, comme parents, comme c'est le cas du petit Kambo et de sa famille en ce moment, et de plein d'autres qui attendent à l'aéroport dans des conditions que peu osent rapporter. L'expulsion, c'est le retour dans un pays parfois en guerre, un pays sous développé malgré qu'on le qualifie de pays en voie de développement, un pays où les enfants n'auront pas forcément accès à l'éducation, et où les parents n'auront pas forcément un travail, alors qu'ils en ont un en France.

 

Voilà, ça arrive près de chez nous.

 

Alors si nous nous sentons concernés par ce qui se passe, si nous ne pensons pas que « sans papiers » signifie criminel (de quoi au fait ?) mais d'abord être humain, si nous rejetons le texte de loi de l'immigration choisie comme il est actuellement écrit et va être voté, si nous voulons que ces gens gardent l'espoir pour survivre, et si nous pensons que l'éducation est une clef importante pour assurer l'avenir de notre pays, mais aussi assurer le développement durable des pays dont sont issus les immigrés, allons signer les pétitions ici et , et mobilisons nous samedi pour la manifestation nationale contre la loi de l'immigration jetable, rendez vous, pour les Parisiens,  à 15h00 à la place de la République. Pour les autres, renseignons nous.

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