Pensée

La mémoire de tout voyageur est plus que tout marquée par les odeurs. Parfois nauséabondes, souvent parfumées, elles rejailliront  naturellement à chaque visite dans un pays. Les parfums rappelleront telle journée vécue il y a parfois plusieurs années, tel chemin emprunté qu'on pensait oublié, telle rencontre jusqu'alors enfouie dans le passé.

Voyages

Vendredi 22 avril 2005 5 22 /04 /2005 00:00

 

Suite à un numéro spécial de Trek magazine du mois de mars (http://www.trekmag.com/trekmag.asp?numero=64), sur la rencontre entre peuples du monde et « trekkeurs », il me vient l’idée de réfléchir sur les touristes voleurs d’images, ou les businessmen de l’image.Mes propos se basent sur ma propre expérience du Maroc, pays que je commence à bien maîtriser. Avant d’arriver là bas, j’étais moi-même une voleuse d’images, mais en côtoyant un peu plus la population, j’ai appris à maîtriser le déclencheur.

 

En effet, on voit bien souvent, en voyage, des touristes tirer des portraits à gogo de femmes, hommes, gamins plein de morve en guenilles, charmeurs de serpents, danseuse du ventre (qui s’avèrera être un homme par la suite cf.jdema el’fna à Marrakech). Ces photos ramenées sont certes touchantes, exotiques, belles par la beauté des Hommes que nous découvrons. Mais souvent, ces photos ont été prises à l’arrachée, volée, monnayées. Je ne parle pas du photographe averti qui réussira à se cacher, à faire en sorte de saisir l’expression du moment, de faire de  l’instantané sans nuire à personne. Dans l’inaperçu, cela ne me gêne pas, puisque ça fait parti du jeu. Mais se planter devant un gamin, une femme, un vieux, une vieille, et de lui tirer un portrait sans rien  lui demander est à mes yeux un des summums du manque de respect, de la  violation de la vie privée. Nous ne sommes pas au zoo !!!

 

Imaginez vous, prenant le soleil sur un banc dans votre quartier. Là, un bus de Chinois, Japonais, Aborigènes, Pygmées et Indiens en tout genre débarque, et tous vous prennent en photo. Sans dire ni bonjour ni merci ni au revoir, ils remontent dans leur bus pour écouter leur guide raconter que vous êtes un local typique de la tribu des farnientes, en pleine imploration du Dieu ANPE pour ne pas qu’il vous trouve un boulot ! N’auriez vous pas aimé qu’en échange des 50 portraits qu’ils ont tiré de vous, votre sale euhhh belle gueule, vos tongs à l’occidentale, votre appareil dentaire, votre coiffure à la « Friends », votre string qui dépasse du short, ces touristes peu avertis et si étranges vous questionnent sur les réelles motivations à la farniente, sur le Dieu ANPE et ses dons du RMI, sur le comment faire un string en peau de léopard ? Ainsi, vous pourriez en retour engager la conversation sur le riz cantonnais qui colle, les yeux qui se brident, le rire jaune, le tatouage de kiki des aborigènes ou maquillage waterproof chez les indiens. Enfin peut être, vous pourriez tous vous prendre en photo, tous aussi curieux les uns que les autres, mais dans une atmosphère détendue, où chacun s’en donne à cœur joie dans les pauses, et où finalement plus personne ne prête attention à l’objectif, tellement le délire est intense, et l’échange enrichissant. Et dans l’album photo, les portraits ne seront plus de simples visages anonymes et volés, mais des photos qui ont histoire.

 

Bon vous me direz, elle délire total celle là ! Certes, j’ai poussé la dérision à son comble. Mais je voudrais juste amener certains à réfléchir sur leur façon de prendre des photos, en sachant créer un minimum d’échange et de complicité avec la personne à photographier. J’ai personnellement appris à demander aux gens pour les prendre en photo. En langage universel, montrer l’appareil photo, faire un sourire, et un hochement de tête suffisent à se faire comprendre. Si la personne est consentante,  on en sort de très beaux sourires. Si elle ne l’est pas, on range l’appareil (dans le sac et pas en bandouillère autour du cou), et on peut continuer à discuter, quitte à ressortir l’appareil plus tard ou pas. Si la personne demande un bonbon, un stylo, ou une pièce, alors on le range définitivement. Car adhérer à ce concept (que je n’approuve pas du tout mais explique parfaitement bien), c’est approuver la mendicité et la perversion de ces peuples (et puis les bonbons, ça fait mal aux dents, les stylos, on les laisse au maître d’école, et la pièce serait une goutte d’eau dans un océan), en plus de se faire passer pour un riche capitaliste occidental à exploiter et à qui quémander une pièce au moindre regard ou sourire. Une pièce, ça se gagne en échange d’un service à la limite.

Croyez moi que j’ai déjà tenu tête à ce type de réactions, tant dans les endroits les plus reculés que les plus fréquentés (après m’être pris une belle remontrance pour avoir cédé), et avec un peu d’humour, de ruse, et surtout beaucoup de sourire et de confiance, on peut presque finir par être meilleurs potes et se faire photographier tous ensemble.

 

Alors voilà, touristes avertis, essayons de nous photographier intelligemment, et avant tout, de nous mettre dans la peau de celui que l’on photographie, et imaginer ce qu’il pense de nous ? En échange d’une photo, donnez une bonne image de vous (et de nous en même temps), afin que la vue d’un objectif ne soit plus une barrière à la communication, un renfermement du peuple à la vue du touriste, ou un générateur d’exploitation financière par des situations tout à fait stupides (ex. danseuse du ventre).

 

 

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Mercredi 27 avril 2005 3 27 /04 /2005 00:00

Quand on fait son sac pour partir, après avoir pensé à la carte bleue, le passeport et le complet anti turista, on pense aux grigris porte-bonheur. Enfin moi du moins.

 

Cette croyance date de ma petite enfance, puisque déjà, lors de mes compets de tennis, je demandais à ma mère de me laver mon tee shirt fétiche. Ne soyez pas sans croire que bien souvent, je faisais du recyclage de tee shirt sales, et la victoire, loin d’appartenir à la superstition, était tout bonnement due à un KO de ma partenaire pour asphyxie !! Pour mes exams, je ne partais jamais sans mon stylo plume offert par ma grand-mère et qui coulait autant qu’il pouvait, m’en mettant plein les doigts. Mais c’était LE stylo plume bonnes notes (bon, ça marchait pas toujours, mais ça coulait tant que ça pouvait).

 

Alors toujours dans mes croyances (je vais pas tarder à vous faire une messe je sens), j’ai pris ma petite collection de grigris pour partir. Bien sûr, de part ma maturité hygiénique, j’ai laissé tomber les tee shirts sales, et voici les petits trucs que je me trimballe :

 

- le bracelet de Madagascar, puisque dans les croyances Africaines, (ouais Papa, les Malgaches sont pas des Africains, mais j’imagine que c’est la même croyance, corrigez-moi si je me trompe), ces bracelets sont censés protéger de l’ennemie On peut d’ailleurs voire une grande majorité d’Africains de Paris le porter, pour être protéger des Blancs !!! Et bien sûr, la fleur de Madagascar, la croix Basque et la petite pierre rouge (donnée par sœur comme porte bonheur) autour du coup.

 

- Le trèfle à quatre feuilles offert par un ancien prisonnier qui l’avait trouvé lors d’une balade dans le parc de la prison et me l’avait envoyé (oui, pour qu’il porte-bonheur, il faut l’avoir trouvé soi même, mais le tout, c’est d’y croire non ?)

 

- Et enfin, le chech de Mustapha. De part sa valeur sentimentale, il a une grande utilité matérielle puisqu’il peut servir d’écharpe, de foulard pour la tête, d’oreiller, de protège oreiller, de serviette de plage, de pareo, de serviette de bain, de couverture. Le must du must. En plus, il a bourlingué un peu partout, c’est donc un compagnon de voyage idéal puisqu’en plus, il est pas chiant !!

 

Voilà pour moi. Mon ours en peluche n’a malheureusement pas pu rentrer dans le sac.

Mais vous, quels sont vos grigris les plus débiles 

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Vendredi 24 juin 2005 5 24 /06 /2005 00:00

 


c'est pas trop pour moi...je suis plutôt pour


escalader les trottoirs,et la descente en rappel des douches de la piscine


« Tu pars où en vacances cet été ??? ». La phrase qui me tue, me met en rogne, me donne envie d’arracher les yeux de la personne qui me pose la question, pour me les faire cuire en omelette. Mais gentiment, je me dois de répondre « je ne pars pas, je n’ai presque plus de vacances » avec un grand sourire qui donne plutôt l’impression d’un rictus. Et du coup, j’ai droit à tous les projets de vacances des gens qui m’entourent. Ahhhh ça m’fait râler.

 

Encore plus quand je vois les routards débarquer à Paris avec leur sac à dos. J’ai envie de les attaquer, de tout leur voler (je leur laisse quand même mon badge du boulot, la carte de cantine, la clef du bureau et l’adresse de mon taff), et continuer à voyager à leur place (mais en dehors de Paris bien sûr). Dès que je vois un Lonely Planet dans les mains d’une personne, j’ai des envies criminelles, alors je replonge vite mon nez dans mes bouquins de Sepulveda, mon genre de méthadone.

 

Par contre, quand je vais boire l’apéro chez des copains, dans le quartier du Moulin Rouge, et que je me retrouve au milieu d’un groupe d’anglaises qui tortillent bien du cul avec leur mini jupe « Ralafoufoune », et leur mini mini top HVN « Honte Voilés Nibars », ce qui excite bien les pulsions sexuelles des vendeurs de kébabs qui, me voyant suivre la troupe (pourtant j’ai pas la « ralafoufoune », et si je tortille du cul, c’est vraiment pas voulu. Je met donc cela sur le compte des taches de rousseurs qui m’envahissent avec la venue du soleil) m’adressent des « hello baby, how arrrrre iouououou », j’ai envie de CRIER que JE SUIS PAS UNE TOURISTE, que je rentre du boulot, et que j’en ai marre, que j’ai ENVIE DE FAIRE MON SAC ET PARTIR EN VOYAGE (avec mes bagguis( comment ça s’écrit ça ?) et mes shoes de montagnes).  

 

Je suis amère (malheureusement pas à la mer) en ce moment, et le soir, je regarde tristement mon sac à dos qui repose à moitié mort sur l’armoire, et qui, je suis sûre a  aussi très envie de repartir…. « Mais bon » lui dis je, « ne soyons pas si désespérés. Ensemble, nous nous ferons des petits week end de trois jours, du coté de Bayonne et Pampelune, escalader les trottoirs de Barcelone (voir photo) et manger des spaguettis à Bologne, et ensemble peut être aussi, nous irons enfin gravir le Mont Perdu (depuis le temps !!), et descendre quelques canyons en Aragon…..youpi….d’un seul coup, mon sac à dos reprend de la vie, d’un seul coup, je ne le regarde plus comme un vieux légume asséché dans un frigo. Et là, d’un seul coup, je me dis….. « Faut peut être que je me mette à bosser ».

 

Bonnes vacances à tous

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Lundi 11 juillet 2005 1 11 /07 /2005 00:00


 

Les forums de voyage disposent de rubriques pour les personnes qui se posent des questions à l’idée de voyager seul/seule. Moi même, avant de partir, je me suis posé beaucoup de questions, j’ai fait appel à pas mal de témoignages dans le but de me rassurer. Ceci dit, tous les témoignages n’étaient pas rassurants, comme celui d’une fille, je me rappèle, qui avait laissé un message sur un forum en disant qu’elle conseillait fortement aux filles qui voyagent seules au Pérou de faire attention à Lima, vu qu’elle même y avait subit une prise d’otage. Pas d’explications sur sa prise d’otage (apparemment sans grosses conséquences) balancée comme ça négligemment sur un forum. Elle conseillait donc juste de faire attention, car finalement les Péruviens sont quand même assez sympa (elle n’avait peut être pas compris de suite que le chauffeur de taxi n’était pas un preneur d’otage mais qu’il voulait juste lui faire faire le tour de ville avant de l’amener au resto, boire des Piscos et de la ramener à son hôtel). Enfin bon, de quoi faire monter la psychose à une fille qui vient d’acheter son billet pour aller vadrouiller un mois dans ce même pays.   

 

Bref, on a envie de partir seule pour maintes raisons. Pour certains, ce sont, les potes qui ne sont pas toujours disponibles aux dates où on a envie de partir, ou alors qui préfèrent une autre destination, n’ont pas le budget au moment où on l’a. Pour d’autres, un ras le bol général, une déception (amoureuse, sentimentale, professionnelle), des coups durs (la perte d’un proche) donnent l’envie de fuir seul afin de faire le point, de se retrouver seul avec soi même pour penser, voir oublier. Enfin pour certains, partir seul peu faire part d’un challenge vis à vis de soi même. Du coup, certains se poseront beaucoup de questions, et d’autres fonceront sans aucunes craintes.

Personnellement, je me posais pas mal de questions et j’avais plusieurs craintes. Mais l’envie était bel et bien là. La première étape fût donc d’acheter le billet et un matin, lasse de me lever dans la grisaille Parisienne, je me connectais à internet et achetais un billet pour un mois au Pérou sans trop savoir ce que j’y ferais ni ou j’irais. Mais l’envie de partir était trop intense. Une fois le billet acheté, j’ai senti un soulagement et une satisfaction énorme. Enfin je partirais, et enfin seule. Toutes mes craintes, mes questionnements ont disparus pendant les mois qui précédèrent le départ, jusqu’à 15 jours avant le grand jour. A partir du moment où j’ai cliquer sur « oui, j’accepte (débitez moi la carte) », mon voyage a commencé. Et oui, déjà je commençais à rêver en imaginant ce que j’allais voir, ou en lisant tout ce que je trouvais sur le Pérou. Les mois, les semaines qui précèdent un voyage, sont parfois aussi agréables que celles qui constituent le voyage, en tous les cas en ce qui me concerne, grande rêveuse et imaginative.

Les 15 jours qui précédèrent le voyage furent un peu plus stressant bien que je m’organisais de manière à ne pas avoir à tout faire au dernier moment. Souvent, je me prenais à m’imaginer les pires choses qui pouvaient m’arriver : «  et si on me vole mon sac à dos dans le bus », « et si on me vole mon argent », «  et si je rencontre personne »….. Mais vite, je me reprenais afin de relativiser. Si on me vole mon sac, et bien j’achèterais un baluchon et un habit traditionnel de femme, jupons et collant en laine et un beau chapeau, comme ça je passerais pour une locale (et puis je ferais pipi sans stress en rang d’oignon avec les autres femmes qui n’ont qu’à soulever leur jupon). Et si on me pique mon argent…..ben j’appellerais mes parents ou mes sœurs, ou mes grands parents, ou la voisine (à non, la voisine, je la connais pas), pour qu’ils m’envoient de l’argent par Western Union, et en 5 minutes, hop, c’est reparti. Et si je rencontre personne…..ben d’une part j’aurais la paix, et d’autre part, c’est que je suis vraiment asociale. Bref, de toutes façons, il fallait y aller.  Je m’étais vantée auprès de tout le monde que je partais seule et sans crainte, alors j’allais pas planter la tente dans le bois de Boulogne pendant un mois pour me cacher.

Enfin, comme je suis pas une extrême de l’aventure, j’ai tout bien préparé, de manière à ce que le moindre incident soit anticipé. Numéro d’assurance, numéro de carte bleue, numéro de la banque, numéro de Western Union, photocopies de passeport, ceinture porte feuille, porte feuille à mettre autour du coup sous le tee shirt…..et une photocopie de tous les documents à ma famille. Et puis le jour J, à 5h00 du mat, après avoir vérifié maintes fois que j’avais bien tout,  j’ai mis le sac sur le dos, les écouteurs dans les oreilles, et j’ai arpenté les rues de Paris jusqu’au métro, avec Goldfrapp dans les oreilles à plein volume qui m’accompagnait et me stimulait.

Mais ce que vous voulez savoir maintenant, c’est peut être comment ça s’est passé !

A vrai dire, au moment où j’ai posé le pied sur le sol Péruvien, que j’ai dû récupérer mon sac, et le passer aux rayons X, vu que pour moi, le feu est passé au rouge quand j’ai appuyé sur le buzzer (vert vous passez, rouge, vous restez…..aléatoire quand même), et bien là, à peine arrivée à l’aéroport, toutes mes angoisses m’ont quitté, puisque que je rentrais dans le jeu du voyage, dans l’organisation et dans la gestion, dans l’envie de tout voir, dans le plaisir de la découverte,. A partir du moment où j’ai dû me débrouiller, je n’avais plus le temps pour penser à mes angoisses, plutôt préoccupée à obtenir les informations pour tracer ma route. Et à partir de là, le voyage et la vie étaient un Urubamba tranquille.

Ma maîtrise de l’Espagnol et de l’Anglais était un élément en ma faveur, qui m’a permis de rencontrer et de dialoguer avec énormément de gens. Les chauffeurs de taxi, mes voisins de bus, les serveurs de bar, les voyageurs…..Ma maîtrise de l’Espagnol m’a évité aussi de me faire laisser en pleine via express à Lima par un chauffeur de taxi qui, à mi chemin, à décidé d’augmenter le prix de la course. Comme je refusais, il voulait me faire descendre en pleine voix express. Heureusement, j’avais déjà connu ça au Maroc et, grâce à mon Espagnol, j’ai pu lui tenir tête en lui disant que je ne descendrais pas de son taxi, et que je ne paierais pas plus. Qu’on avait fixé un prix, et qu’on change pas d’idée en pleine course. Bref, comme il voyait que je tenais tête (mais j’avais aussi remarqué qu’il n’était pas méchant et qu’il voulait juste essayer de se faire un petit bénef avec la Gringa), il s’est mis à miauler. Alors, nous nous sommes lancés dans une négociation presque hilarante, pour finalement se mettre d’accord pour 8 soles (5 prévus au début de la course, 10 en milieu de course), parce que je voyais l’heure du départ de mon bus approcher. On est gentiment repartis, et le chauffeur m’a gentiment laissée au terminal de bus. Voilà donc, la maîtrise de l’Espagnol peut bien servir, ceci dit, un peu de confiance en soi est bien nécessaire, dans la limite du raisonnable, (mais sachez bien que si le mec avait été méchant, je lui aurais donné le double, le triple, voir tout mon budget, aurais sauté du taxi sur la voix express, roulé bourrée euh…boulé jusqu’au bas coté, et appelé Tito en pleurant pour qu’il vienne à ma rescousse. Mais j’ai une fâcheuse tendance à bien aimer batailler.).

Il n’y a pas si longtemps, j’ai eu une discussion avec un collègue chercheur, un jeune issue d’une cité craignos de la banlieue de Paris. Il maîtrise à fond le langage du ZIVA, et surtout a une connaissance approfondie (pour l’avoir vécu) de la mentalité banlieusarde, et de ce qui se passe dans la tête de ces jeunes qui martyrisent les p’tites vieilles, les p’tites bourgeoises, les racistes et j’en passe. Il me racontait que le facteur déclencheur, c’était le regard de l’autre. Le regard inquiet de la petite vieille qui a de suite peur de se faire attaquer aux vue d’un noir ou d’un « Arabe »,  le regard méprisant de la p’tite bourgeoise, le regard curieux apeuré de celui/celle qui sort de sa campagne et a jamais vu un noir ou un « Arabe », à peine entendu parlé à la télé par Le Pen, ou de celui/celle qui n’a pas confiance en soi….ni en eux. Ces regards peuvent être les pires insultes, la goutte qui fait déborder le vase pour ces jeunes qui souhaiteraient être regardés comme n’importe quelle personne, voir ignorés (mais bon, étant donné le bordel qu’ils collent, on a bien souvent du mal à les ignorer). Du coup, en plus de la haine quotidienne qu’ils ont en eux, cela déclenche une envie de vous dépouiller, de vous faire mal, une bonne raison de vous en vouloir, ou une proie facile à avoir. Par contre, il me racontait que la personne qui passait confiante, souriante, qui savait répondre avec humour, sans donner gain de cause, avait beaucoup moins de chance de se faire embêter. Ceci dit, on tombe toujours sur des exceptions, et là, il faut tout lâcher sans discuter.

En y repensant, je trouve que c’est le même raisonnement pour tout le monde. Au cours de mon voyage, j’ai toujours essayé d’avoir l’air d’être sûre de moi, d’ailleurs, je me sentais tellement à l’aise dans ce pays, que j’étais presque tout le temps sûre de moi. J’ai pu dire oui comme j’ai pu dire non, mais toujours avec le sourire, car rares sont les fois ou le sourire me quitte (sauf par moment, quand la grisaille Parisienne me gagne, mais je m’enferme chez moi). J’ai toujours engagé la conversation avec quiconque me parlait, et à mon grès, mais toujours de façon respectueuse diplomate et souriante, j’y ai mis fin ou j’y ai pris goût.

Aussi, il faut savoir se respecter soi même pour se faire respecter des autres, avoir confiance en soi pour que les autres aient confiance en nous, être responsable, pour que les autres se sentent responsables de vous Mesdames/Mesdemoiselles. Dans les auberges où je suis restée, on a toujours pris grand soin de moi. On me donnait un dortoir où il y avait en générale que des filles, on se souciait se savoir si j’étais bien rentrée, on me donnait des contacts aux endroits où je souhaitais me rendre, des informations. Et durant mon voyage, ces gens que je rencontrais sur mon chemin m’envoyaient des mails pour savoir si tout se passait bien pour moi. Il en était de même pour les chauffeurs de taxi, qui me déposaient exactement à l’endroit où je souhaitais aller, à la porte de mon hôtel, quitte à faire une énorme marche arrière si on avait raté la porte (cf Aréquipa),  et ne repartaient qu’une fois que j’étais rentrée. Par contre, je faisais toujours en sorte de prendre un taxi officiel, que l’on reconnaît par la plaque sur la voiture. Jamais je n’ai senti de propos déplacés, jamais je ne suis tombée sur un garçon ou un homme trop insistant. A Puno par exemple, j’ai traîné deux soirs dans un bar, à la fois tranquille, à la fois plaque tournante de gentil trafic de drogue. Vite, j’ai sympathisé avec le barman, et les habitués du bar. Une fois les choses au clair sur le fait que je n’étais pas là pour chercher de la drogue, j’ai pu entamer des discussions intéressantes et désintéressée, et m’adonner à des fous rires et jeux délirants avec les dealers. Alors que nous étions tranquillement entrain de discuter, et jouer à des jeux d’équilibre, un groupe de touristes Australiens, Anglais est arrivé comme des furies, à moitié saouls et complètement speedés. Les jeux se sont arrêtés, et mes nouveaux copains observaient attentivement les va et vients aux toilettes, les uns après les autres. Ils avaient sous leurs nez des proies faciles. Alors que je restait dans mon coin à discuter avec le barman, mes autres copains ont entamé la conversation avec les filles qui se sont vite prisent au jeu. Elles voulaient acheter de la drogue, n’ayant pas encore atteint le nirvana. Cependant, elle avait déjà atteint un état où elle n’étaient plus capable de raisonner correctement. Pas bêtes, les dealers ont profité de leur état pour les arnaquer à souhait sur le business, et leur faisant un échange de dollars/soles à un taux que je n’avais encore jamais vu. Après qu’une fille du groupe ait gentiment dégueulé dans le bar, ils sont tous partis sans demander leur reste, ni nettoyer leur merde. Personnellement, je me rendais compte du manège, étant donné que je pouvais comprendre les a parte, mais n’avais en aucun cas envie d’intervenir. Seulement, cela me mettais en boule car d’une part, ils étaient venue troubler nos jeux d’équilibre, et d’autre part de leur manque de responsabilité. Je conçois  que ces gens aient envie de s’amuser, mais qu’on se s ‘étonne pas après qu’on se soit fait voler. En plus, donner une telle image du touriste me dégouttait. Quand on est seule, on ne peut forcément pas se permettre de telles folies, car on est seul à assumer de nos bêtises et on a pas le gentil organisateur pour nous sortir de nos embarras. De ce fait, il nous arrive beaucoup moins de mésaventures. Cela n’empêche de se faire de bonnes soirées avec des gens rencontrés, et de rentrer parfois un peu gaies.

Enfin, le top du top, c’est qu’en étant seule, j’ai pu disposer à plein grès de mon temps.  Prendre les décisions que je voulais, changer d’avis au dernier moment, aller avec je voulais, sans que personne ne m’arrête, ne me juge. Etre soi même, sans dépendre de quelqu’un d’autre. N’avoir à se justifier de rien. Enfin, voyager toute seule m’a aidé à retrouver le sens de la communication. Aller vers les autres pour ne pas rester seule. S’intéresser aux autres, les écouter car leurs informations peuvent valoir de l’or. Et puis, on rencontre des personnes d’horizons tellement différents, que ces rencontres sont de pures richesse en elles même. En même temps, le voyageur étant disposé à la communication, les discussions en sont d’autant plus intéressantes, les délires plus hilarants. Tous à la même enseigne, à pied avec notre sac à dos, on ne se juge pas par rapport à notre situation sociale, notre carrière, notre assortiment vestimentaire, tous plus ou moins habillés pareil, tee shirt, jean et chaussures de montagne (encore là, je parle du routard). Ensemble, nous partageons cette même passion du voyage, de la rencontre.

Je pense que de tous ceux qui ont pu voyager seuls ne me contrediront pas dans mes propos, et encourage fortement ceux qui doutent encore à partir seuls, à le faire.

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Lundi 25 juillet 2005 1 25 /07 /2005 00:00

 





A la fois huppée et baba cool, tranquille et dangereuse (qu’ils disent). Mais toujours très à la mode. Bologne, ville du nord de l’Italie dominée par deux tours, et dont les rues aux couleurs chaudes jaunes et ocre sont bordées d’arcades. Pas aussi riche architecturalement que Rome ou Florence, mais en flânant et se perdant dans ses petites rues, on s’imprègne vite de l’atmosphère Italienne. Chants de conversations, concerts de grillons, scooters à tous les carrefours, terrasses de cafés, pizzeria en tout genre, galeries d’art, galeries de magasins les plus chics. Mais surtout, les gelateria qui font perdre la tête. Des glaces à tous le goûts, des plus crémeuses au plus fruitées, chocolat, café, tiramisu, vanille smarties, melon, pamplemousse, citron, mamamia, j’en ai encore l’eau à la bouche. Les yeux écarquillés, on déguste sa glace sous une arcade, tout en débattant des derniers potins.

 

Entre 13h00 et 16h00, les rues se vident, les terrasses se remplissent. Pas besoin de réfléchir à ce que l’on mangera. Une pizza bien sûre, à moins que ce ne soit des pates… à la Bolognaise? Hum, un peu lourd par ce temps. Un café, mais seulement un fond, à moins que ce ne soit un capuccino. Mais toujours de quoi réveiller une tribu de paresseux. 

 

Le soir, après la pizza bien sûr, c’est le défilé dans les rues. Talons hauts, minis jupes et hauts sexy pour les filles. Gomina et chemise bien repassée pour les garçons. Ma que….la classe les ragazzi. Dans les quartiers moins bien « famés », c’est coiffure à la Catalane, ou l’Italienne, dreadlocks, chiens, et bouteilles de bière. Un peu moins sexy mais ça a son charme. Agrémenté de l’accent Italien, et des lunettes en tout genre, des plus grandes au plus kitch, moi je craque…..

 

Enfin, le mariage à l’Italienne. Excitation de la veille, sortie entre filles avec la mariée pour aller assister à un défiler gay, histoire de ne pas trop tenter la future mariée (pas joueuses quand même les Italiennes).  La mariée qui va dormir chez ses parents. Arte di la Comedia par téléphone entre les futurs époux. Elle « tu ne m’aimes plus, tu ne fais plus attention à moi, tu ne prends pas le temps de parler avec moi. » Lui : « j’étais au resto entrain de payer, je pouvais pas parler, qu’est ce que tu veux me dire, je comprend pas tes reproches ». Elle s’emballe, évacue tout le stress. Il ne comprend pas, se demande ce qui lui arrive. Crise de larmes de la future mariée jusqu’à 2 heures du matin, après quoi, bien vidée de tout son stress, elle s’endort comme un bébé. Lui, habitué mais quelque peu surpris à la veille de son mariage ne dormira pas de la nuit, faisant les cents pas dans l’appartement. Finalement, elle aura un superbe sourire, et sera super belle. Il aura de belles cernes, et un peu de mal à sourire étant donné la fatigue. Mais le mariage fût plein de bisous, de ballons rouges en formes de cœurs, photos à gogo sous tous les angles, et surtout, la Seat Leon, bien astiquée sous tous les angles, et à laquelle il ne fallait pas s’approcher, au risque de laisser une trace de doigt sur la carrosserie si scintillante. Les belles mères adorent, les copains rigolent doucement, mais s’en mettent plein la panse et plein le verre. Les mariés, ils s’en fichent, ils sont heureux.

 

Enfin, voilà de quoi avoir passé un superbe week end. Il ne me reste plus qu’à leur souhaiter tout le bonheur du monde, et de pouvoir bientôt réaliser leurs projets d’avenir. D’abord celui d’acheter le chien et le collier en forme de cœur, et partir en balade avec la Seat Leone.

 

Bon, je fais ma Comedia moi aussi. Mais c’est parce qu’elle est tellement kitch et Italienne, en plus d’être gentille comme tout, que je l’adore ma copine.


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