Le Maroc fut ma première destination en solo (enfin presque). J'étais partie avec mon sac à dos, mais je n'y allais pas qu'en routarde. Le voyage était payé par la Royale Society of Chemistry, pour que j'aille présenter mes travaux de thèse à une conférence sur les pesticides à Marrakech.
Je pourrais vous raconter que je suis une "chercheuse" de renommée internationale, mais qui tapera mon nom sur google se rendra compte que non . En vérité, j'avais auparavant rencontré un des organisateurs de la conférence à Barcelone, et on s'était mis d'accord sur la magouille. A savoir: je révais d'aller au Maroc mais j'avais pas trop d'argent. Il était Marocain et il organisait cette conférence, plus ou moins en relation avec mes activités de recherche. Je pouvais disposer de 2000 francs (à l'époque) de la Royale Society of Chemistry si mes travaux de recherche étaient acceptés pour être présentés à une conférence, et mon laboratoire de recherche me payerait l'hôtel.
Ni une ni deux, j'écrivais un résumé, et, Oh, grande surprise, j'étais acceptée pour présenter mes travaux à Marrakech. En une semaine, le billet devait être acheté, le voyage organisé (plus ou moins), et mon intervention à la conférence préparée. Je contactais mes parents qui se trouvaient au Maroc, et ils me mirent en contact avec leur guide, Mustapha. Ainsi, en une semaine, je me suis organisée pour que je puisse partir en trek avec lui avant la conférence, pour réserver un hôtel pour mon arrivée (dure tache) etc. Ouf.....dur programme, mais c'est faisable, je vous rassure de suite.
Ainsi, je suis partie, ma présentation dans le sac à dos, le costume de star tout chiffoné au fond du sac, sous le duvet, et les chaussures de rando aux pieds.
Mon arrivée s'est faite à Casablanca, à 23h00. Je devais me rendre au centre de Casa où j'avais réservé une chambre à l'hôtel des voyageurs. En parlant avec un marocain dans l'avion, j'ai du me rendre à l'évidence que je n'aurais plus de train ou de bus pour me rendre à Casa, et qu'il me faudrait que prendre un taxi qui me coûterait la peau des fesses (à ce moment là, la peau de mes fesses ne valait pas plus que maintenant, mais j'avais pas beaucoup d'argent non plus).
Un petit coup de stress à l'arrivée quand même, puisque je débarquais comme ça, toute seule, dans un pays bien contrasté avec le mien, et des habitudes différentes des miennes. Mais à ma grande surprise, cet étudiant Marocain que j'avais rencontré dans l'avion vient me proposer de m'ammener au centre de casa, avec ses frères et cousins. La fatigue, le stress, et le dépaysement faisant, j'accepte sans trop réfléchir, et me voilà embarquée dans une fiat uno avec quatre molosses Marocains. Le trajet dura bien 45 minutes sur des routes désertiques sans lumières. Je me demandais bien où j'allais arriver, mais le respect qu'avaient les quatre molosses envers moi me mettait en confiance. Et en effet, ils furent d'une grande gentillesse et m'ont déposée devant mon hôtel, où je trouvais la porte fermée. A force de taper à la porte, le réceptioniste se réveilla, m'ouvrit la porte pour me dire que j'arrivais trop tard et qu'il avait annulé ma réservation. Welcome to Morocco..... Mais à force d'insister, il me loua une chambre, et à 1h00 du mat, j'étais dans un lit, un peu stressée à l'idée de savoir que 4 heures plus tard, je devais me réveiller pour prendre le train pour Marrackech.
Voila, une arrivée plutôt cahotique, mais finalement, où tout fini bien. En effectuant ces premiers pas sur le sol Marocain, je ne me doutais pas que j'allais y retourner autant de fois et parcourir autant de kilomètres au travers du Haut Atlas, l'anti Atlas, le désert, ou sur la cote, en taxi, en bus, en 4*4, à pied, avec des mules, avec un âne mais surtout....avec un super guide berbère, Mustapha.

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