Pensée

La mémoire de tout voyageur est plus que tout marquée par les odeurs. Parfois nauséabondes, souvent parfumées, elles rejailliront  naturellement à chaque visite dans un pays. Les parfums rappelleront telle journée vécue il y a parfois plusieurs années, tel chemin emprunté qu'on pensait oublié, telle rencontre jusqu'alors enfouie dans le passé.

Maroc

Lundi 18 avril 2005 1 18 /04 /2005 00:00

Le Maroc fut ma première destination en solo (enfin presque). J'étais partie avec mon sac à dos, mais je n'y allais pas qu'en routarde. Le voyage était payé par la Royale Society of Chemistry, pour que j'aille présenter mes travaux de thèse à une conférence sur les pesticides à Marrakech.

Je pourrais vous raconter que je suis une "chercheuse" de renommée internationale, mais qui tapera mon nom sur google se rendra compte que non . En vérité, j'avais auparavant rencontré un des organisateurs de la conférence à Barcelone, et on s'était mis d'accord sur la magouille. A savoir: je révais d'aller au Maroc mais j'avais pas trop d'argent. Il était Marocain et il organisait cette conférence, plus ou moins en relation avec mes activités de recherche. Je pouvais disposer de 2000 francs (à l'époque) de la Royale Society of Chemistry si mes travaux de recherche étaient acceptés pour être présentés à une conférence, et mon laboratoire de recherche me payerait l'hôtel.

Ni une ni deux, j'écrivais un résumé, et, Oh, grande surprise, j'étais acceptée pour présenter mes travaux à Marrakech. En une semaine, le billet devait être acheté, le voyage organisé (plus ou moins), et mon intervention à la conférence préparée. Je contactais mes parents qui se trouvaient au Maroc, et ils me mirent en contact avec leur guide, Mustapha. Ainsi, en une semaine, je me suis organisée pour que je puisse partir en trek avec lui avant la conférence, pour réserver un hôtel pour mon arrivée (dure tache) etc. Ouf.....dur programme, mais c'est faisable, je vous rassure de suite.

Ainsi, je suis partie, ma présentation dans le sac à dos, le costume de star tout chiffoné au fond du sac, sous le duvet, et les chaussures de rando aux pieds.

Mon arrivée s'est faite à Casablanca, à 23h00. Je devais me rendre au centre de Casa où j'avais réservé une chambre à l'hôtel des voyageurs. En parlant avec un marocain dans l'avion, j'ai du me rendre à l'évidence que je n'aurais plus de train ou de bus pour me rendre à Casa, et qu'il me faudrait que prendre un taxi qui me coûterait la peau des fesses (à ce moment là, la peau de mes fesses ne valait pas plus que maintenant, mais j'avais pas beaucoup d'argent non plus).

Un petit coup de stress à l'arrivée quand même, puisque je débarquais comme ça, toute seule, dans un pays bien contrasté avec le mien, et des habitudes différentes des miennes. Mais à ma grande surprise, cet étudiant Marocain que j'avais rencontré dans l'avion vient me proposer de m'ammener au centre de casa, avec ses frères et cousins. La fatigue, le stress, et le dépaysement faisant, j'accepte sans trop réfléchir, et me voilà embarquée dans une fiat uno avec quatre molosses Marocains. Le trajet dura bien 45 minutes sur des routes désertiques sans lumières. Je me demandais bien où j'allais arriver, mais le respect qu'avaient les quatre molosses envers moi me mettait en confiance. Et en effet, ils furent d'une grande gentillesse et m'ont déposée devant mon hôtel, où je trouvais la porte fermée. A force de taper à la porte, le réceptioniste se réveilla, m'ouvrit la porte pour me dire que j'arrivais trop tard et qu'il avait annulé ma réservation. Welcome to Morocco..... Mais à force d'insister, il me loua une chambre, et à 1h00 du mat, j'étais dans un lit, un peu stressée à l'idée de savoir que 4 heures plus tard, je devais me réveiller pour prendre le train pour Marrackech.

Voila, une arrivée plutôt cahotique, mais finalement, où tout fini bien. En effectuant ces premiers pas sur le sol Marocain, je ne me doutais pas que j'allais y retourner autant de fois et parcourir autant de kilomètres au travers du Haut Atlas, l'anti Atlas, le désert, ou sur la cote, en taxi, en bus, en 4*4, à pied, avec des mules, avec un âne mais surtout....avec un super guide berbère, Mustapha.

 

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Lundi 18 juillet 2005 1 18 /07 /2005 00:00



Pourquoi est ce que j’aime tant le téléboutique ? J’ai longuement porté ce sujet à autoréflexion, mais j’ai du mal à vraiment expliquer ce phénomène. J’ai découvert le téléboutique au Maroc. D’ailleurs c’est quoi un téléboutique ? Ben ma définition serait celle d’un local insolite où se trouvent des cabines avec des téléphones, (mais pas forcément des cabines téléphoniques), et où toutes les conversations se mélangent. Ces endroits sont le carrefour de je ne sais combien de pays et la réunification momentanée de je ne sais combien de couples et familles. Conversations romantiques, agressives, dramatiques, informatives, satiriques, incompréhensibles. Un lieu simple où la communication est facile, mais pas toujours rapide. Pas besoin de carte, ni de monnaie. On arrive, on glisse la main à la poche, on sort un billet ou quelques pièces, on demande la monnaie, on achète sa clope en même temps et aussi simplement on peut téléphoner en fumant sa clope. A n’importe quel moment, vous trouverez sur votre chemin un téléboutique, même dans ce village berbère isolé au plus profond du haut atlas. Il y règne une ambiance qui m’a toujours séduite. Mélange de langues dont l’intonation laisse deviner la joie, la tristesse, la nostalgie, la bonne nouvelle, la mauvaise nouvelle, le manque, l’amour, la colère, la haine. Bien souvent, on croise des regards tristes sortir de ce lieu qui m’est mythique. 

Voici peut être le pourquoi de mon attrait pour les téléboutiques, pourquoi il ne c’est pas passé un jour en décembre, sans que je trouve une excuse pour aller au téléboutique, et c’est pourquoi cette photo de moi dans un téléboutique.

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Mercredi 27 juillet 2005 3 27 /07 /2005 00:00










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Vendredi 29 juillet 2005 5 29 /07 /2005 00:00


Qu'est ce qui peut bien se cacher derrière cet objectif. Devant, derrière? Ces photos sont le produit d'un échange entre un professionel de la montagne et du désert, et une passionnée de voyage, amatrice de photos.





Et oui, le désert. Des dunes à perte de vue. L'immensité. Le néant. La désorientation. Le silence. La solitude. Le repos malgrès qu'on soit fatigué. Le bonheur puis la frustration au bout de quelques jours de ne rencontrer personne.






Des dunes, encore des dunes.






Des dunes à perte de vue, jusqu'à la frontière Algérienne. Des couleurs chaudes, malgrès que l'on ait froid. Et oui, la journée est chaude, très chaude, la nuit est froide.






Les tempêtes de sable à ne plus pouvoir marcher. Si fortes, ça vous fouette le visage, vous rend aveugle. Seule solution, monter la tente et attendre que ça passe. Le repos, le silence du vent.






Pas de découverte du désert sans le chamelier. Sa plus grande responsabilité: ne pas perdre les chameaux. On en a croisé un, un après midi, tout seul, avec pour seul bagage une bouteille d'eau en bandouillère. Cela faisait plusieurs jours qu'il recherchait deux chameaux qu'il avait loué à un groupe qui les avait égaré. Bien sûr,  on lui avaient  remboursé ses chameaux, mais il gardait l'espoir de les retrouver. L'espoir fait vivre dans le désert. Mais à force d'espoir, on retrouve ses chameaux, puisque qu'on l'a recroisé avec un de ses chameaux....mais était ce vraiment le sien.....






Enfin, pas de chamelier sans chameaux. Et pas de lait de chameaux sans chameaux. Mais là, on s'en passerait bien.....






Bien sûr, pas de touaregs sans désert. Dans sa main, ce nomade tient le bol de la bienvenue. En guise de bienvenue, chacun se doit de boire un peu  de lait de chameau. Alors chacun fait un effort, enfin moi toujours, et avale cette boisson protéinée qui a goût de lait tourné.







Pas d'eau sans oasis, pas d'oasis sans longue marche. Mais une oasis avec de la bière....hallucination après avoir marché des heures, les bidons sur le dos et sans eau? En tous les cas, à mon souvenir, la bière était bien dans ma main et je me rappèle encore de ce doux plaisir de la sentir couler dans ma gorge si sèche.





Enfin, tout cela ne vous laisse t'il pas rêveur? Envie d'aller méditer dans cet autre monde?

Certes le retour est bien difficile. Passer du silence du désert à la capitale Française. De la tranquilité et du zéro soucis aux cables éléctriques de l'appart qui prennent feu, aux attentats d'Atocha, à la psychose du métro, et tout le stress quotidien (enfin, bien que moi, je n'en ai pas trop encore). Mais bon, de quoi vous rendre dingue en deux jours d'intervalle. Mais ce sont ces doux souvenirs des voyages qui apaisent l'amertume de certains jours.

Plus de photos sur  http://sahara-insolite.site.voila.fr/

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Vendredi 25 novembre 2005 5 25 /11 /2005 11:25
Chez Pierre Merat, ils se demandent...




"Dis mon frère, j'comprend pas. Y'a l'Moyen Atlas, le Haut Atlas, l'Anti Atlas, le désert.....ci quoi c'bordel?"



"Ok mon frère, viens dans mon marabout, j'te fais un tagine, et j't'explique.
Le moyen Atlas, j'ai pas de photos, mais ce sont les montagnes que tu traverses en allant de Fez jusqu'à Marrakech. Pour le reste, comme je l'ai traversé à pied, j'te fais un dessin...ou plutôt, une petite expo...Aujourd'hui, on commence par le Haut Atlas, et puis je reviens un autre jour, et je te montre le reste".



"Ok mon frère, t'es sympa....t'aurais pas une Marquise hein?".





Paysage du haut Atlas


Village et Berger du Haut Atlas



La Vallée Heureuse, car elle est verte et propice à l'agriculture. En fond, le marabout.



Vallée du M'Goun....derrière la  Vallée Heureuse


Gorges du Dades, après la Vallée du M'Goun


Paillote des Gorges du Dades



En entrant dans la Vallée des Roses, avant de retomber sur Ouarzazate, et partir sur le Sargho et l'Anti Atlas.

Aller, la prochaine fois, j't'emmène là bas, l'anti Atlas.



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